Enis Bocard (Real Club Union): "Ce mélange espagnol et suisse m'a beaucoup servi"


Enis Bocard sous les couleurs du Real Club Union - Crédit photo : DR

Formé à l'Aviron bayonnais et à la Real Sociedad, passé au FC Bâle, joueur de troisième division espagnole à 19 ans, Enis Bocard a un CV plus qu'intéressant. Pendant sa jeunesse, il a croisé les meilleurs. Aujourd'hui, il veut intégrer cette catégorie. Entretien avec un jeune à la formation franco-hispano-suisse.


Matias Arraez: Salut Enis, tu peux nous faire nous un petit point sur ton parcours ?


Enis Bocard: J’ai commencé le foot à 5 ans aux genêts d’Anglet, là où j’ai appris les valeurs du foot et là où j’ai compris que le foot allait devenir ma vie. A 14ans, j’ai été recruté par l’Aviron bayonnais. Là-bas, j’ai vraiment progressé et passé un cap dans ma carrière. Cette expérience m'a permis d’être prêt pour intégrer un centre de formation. Ce qui est arrivé. J’ai rejoint la Real Sociedad, à San Sebastian, côté espagnol. C'est un club avec beaucoup de valeurs. Pendant mes années à la Real, j'ai appris ce que j'appellerais le "vrai football". Trois ans plus tard, à 17 ans j’ai été recruté par le club suisse du FC Bâle. J’y ai passé presque 2 ans avant de revenir en Espagne à la Real Union Club de Segunda B (troisième division espagnole) où je retrouve depuis toutes les bases du football que j’ai appris à la Real Sociedad. Malheureusement, le COVID a ravagé tout le football en Espagne. En attendant que ça redémarre, je suis en Suisse avec mon cousin Samir Nouicer, pour continuer à jouer au football et garder mon niveau de jeu dans un petit club. Je ne pouvais pas m'imaginer passer des mois sans jouer au football.


MA: Tu es passé dans deux des meilleures académies d’Europe, le FC Bâle et la Real Sociedad. Qu’est-ce que ça t’a apporté de connaître deux grandes écoles comme celles là ?


EB: Ces deux clubs m'ont beaucoup apporté. Que ce soit pour le football ou pour ma vie aussi. J’ai jouer contre de grandes équipes, cela m’a permis de gérer mon stress, côtoyer des joueurs exceptionnels comme Ander Barrenetxea (NDLR: aujourd'hui en première équipe avec la Real Sociedad). J’ai beaucoup appris à tous les niveaux, technique, mentale, physique, etc... J’ai aussi appris de mes entraîneurs qui étaient pour moi tous exceptionnels et très important. Je prend l’exemple d’Alexander Frei, avec qui j’ai appris des choses que jamais je n’aurai imaginé.


MA: Quelles différences tu as trouvé entre la formation suisse et l’espagnole ?


EB: Le football est totalement différent en Suisse et en Espagne. L’Espagne est connue pour son aspect technique et c’est véridique ! Les entraînements étaient très technique et cela se voyait sur le terrain par la suite c’était magnifique. En Suisse, c’était différent. Il y avait de la technique, certes, mais beaucoup moins. Par contre l’aspect physique était beaucoup plus important là-bas. On nous faisait travailler beaucoup la vitesse, les sauts et la musculation. J’ai fait des choses que je n’avais jamais fait auparavant. Ce mélange espagnol et suisse m’a beaucoup servit pour améliorer mon jeu. Il fallait que je trouve un juste milieu entre ces deux visions du foot totalement différentes.


MA: Qu’est-ce que tu as gardé de l’une et de l’autre ?


EB: Les deux formations m’ont été très utiles. C’est ce qui a permis d’améliorer mon jeu et de devenir le joueur que je suis maintenant. La technique et la vision du jeu pour l’Espagne, je dirais. A Bâle, j’ai beaucoup appris l’importance aussi de jouer grâce à mes autres atouts que sont la vitesse et mon physique. Tirer de loin par exemple, ce que je faisais très rarement en Espagne.


MA: Aussi bien en Suisse qu’en Espagne, tu as côtoyé des joueurs qui évoluent maintenant au plus haut niveau, est-ce que ça t’aide à croire que toi aussi tu y mérites ta place ?


EB: Bien sûr ! J’ai beaucoup d’amis qui ont réussi au top niveau. Je jouais avec eux, je les faisais marquer, ils me faisaient marquer. Je m’entendais super bien avec eux et encore maintenant. Je sais que je peux devenir un grand joueur comme eux. Si j’ai cette petite étoile qu’ils ont eu, ou la chance de rencontrer les bonnes personnes, ne pas arrêter de travailler dur malgré tout, et croire en mes rêves, je sais que je ferai une très belle carrière. J’espère que cela arrivera. Il faut rester humble et déterminé je pense pour réussir. J’ai toujours analysé les joueurs avec qui j’ai joué et contre qui j’ai joué et j’essaie de m’inspirer un peu de tout le monde. D’apprendre de tous ceux qui ont percé et ceux qui n’ont pas eu cette chance aussi ça m’aide beaucoup.



Enis Bocard, portant le numéro 10 de la Real Sociedad, face à l'Atlético de Madrid - Crédit photo : DR


MA: Tu es actuellement en Espagne, c’est un championnat qui colle plus à ton profil ?


EB: Le championnat espagnol est plus fait pour moi je pense. J’aime la technique, les une-deux, le jeu court, j’adore ! C’est une vision du jeu. J’aimerai finir ma carrière dans un club espagnol.


MA: Quels sont tes objectifs à courts termes ?


EB: Mon plus grand objectif est de toujours prendre le plus de plaisir en jouant. C’est le plus important à mes yeux car c’est une passion que j’ai depuis petit. Dans mon cœur, je veux juste prendre du plaisir comme quand je jouais dans la rue où dans les city stades avec mes potes. Bien sûr, je veux aussi m’améliorer, prouver, marquer le plus de buts, réussir le plus de dribbles et faire comme mes idoles !


MA: As tu reçu des propositions intéressantes ?


EB: J’ai eu des propositions dans des clubs à l étranger mais j’ai un plan dans ma tête que je veux respecter. Je sais où je veux aller et où j’aimerais finir. Donc pour l’instant, je respecterai ce que j’ai dans la tête !


MA: A l’avenir, la France pourrait être un terrain qui t’intéresse ? Quelles équipes te plaisent ?


EB: J’ai appris la base du foot en France. La France est un pays de foot avec de grands clubs. A l’Aviron bayonnais et aux Gênets, j'ai appris les bases. Quand j’étais petit, j’avais beaucoup de propositions en France mais j’ai préféré l’Espagne. J'ai eu la chance de visiter les infrastructures des Girondins de Bordeaux. Un très bon club. Pourquoi pas y jouer un jour. Après mon club de cœur, c’est l’OM ! Ce serait un rêve de pouvoir jouer au Vélodrome.


MA: Où aimerais tu être dans 5 ans ?


EB: Mon plus grand rêve, c’est de jouer à Liverpool. La mentalité y a l’air incroyable. Une vraie famille. On dirait une bande de potes qui jouent ensemble, c’est trop beau à voir ! L’ambiance, le stade, les supporters, tout m’attire là bas. Mon plus grand rêve serait d'y jouer dans cinq ans. Il faut croire en ses rêves et je ferai tout pour y arriver, même si le chemin est encore très très long.


Entretien réalisé par chat le 2 novembre 2020

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