Medi Luzolo (RC Strasbourg) : "Il y’a ceux qui connaissent leurs limites et ceux qui s'accrochent"


Medi Luzolo, le numéro 9 dans le dos - Crédit photo : DR

Né en 2003, Medi Luzolo surprend par sa maturité. Cet attaquant du Racing Club de Strasbourg ne veut pas griller pour autant les étapes. Aujourd'hui en U19 Nationaux au sein du club alsacien, il connaît le chemin à emprunter vers le professionnalisme et n'a pas peur des contretemps.


Matias Arraez: Explique moi un peu ton parcours.


Medi Luzolo: J’ai commencé le foot un peu sur le tard à l’âge de 10 ans à l'AS Pierrots-Vauban, le club de mon secteur. J’y ai joué quatre années avant d’être convoité par le Racing club de Strasbourg et d'y signer. Depuis je défends les couleurs du RCSA et ça va être ma cinquième saison cette année.


MA: Quel est ton profil d’attaquant, qui sont tes modèles, tes inspirations ?


MD: Je suis assez polyvalent sur les postes offensifs mais le rôle de numéro 9 reste mon poste de prédilection. Je me caractérise comme un faux 9, parce que je suis un joueur qui décroche beaucoup. J’aime bien être dans la création. A part ça, je trouve que je suis bon dans la percussion et la force physique. Je m’inspire surtout du jeu de Roberto Firmino (Liverpool) ou encore Lautaro Martinez (Inter).


MA: Tu as joué à d’autres postes avant ?


MD: Je joue souvent ailier aussi ou même numéro 10.


MA: Parlons de la formation au RCSA. Qu’est-ce que ça t’a apporté , qu’est-ce que ça t’apporte ?


MD: La formation au RCSA m’a beaucoup apporté sur le plan de la maturité et d’une certaine prise de conscience de ce qu’est réellement le haut niveau. Dans le foot, j'ai également appris sur le plan tactique depuis mon arrivée au club. J’ai pu diversifié mon jeu et élargir mes zones sur un terrain en apprenant à évoluer sur différents postes.


MA: Qu’est-ce qui change entre ton ancien club et le RCSA ?


MD: Beaucoup de chose ont changé. Déjà il y’a le passage entre un club amateur et pro. Il y’a déjà beaucoup plus de choses exigées et donc plus de pression forcément. Plus de concurrence aussi et surtout le niveau, qui n’a rien avoir avec mon club d’avant.


MA: Quel est le suivi par rapport à l’école ?


MD: Depuis que je suis au Racing, les écoles que j’ai fréquenté ont toujours eu une collaboration avec le club, donc ça m’a facilité en quelque sorte la tâche avec des emplois du temps aménagés. Je parvenais à faire mes séances d'entrainement sans perturber le plan scolaire.


MA: Le club vous encourage à suivre des cours ?


MD: Oui, ils sont stricts avec nous sur les cours.


MA: Qu’est-ce que tu penses de la philosophie de jeu qu’on vous propose ?


MD: J’ai eu du mal à m’adapter à leur philosophie au début. Sur certaines phases, j’avais du mal à comprendre. Tout était nouveau pour moi. Il m’a fallut un temps d’adaptation. Maintenant ça va beaucoup mieux ! C’est une bonne philosophie, avec des schémas de jeu intéressants.


MA: Est-ce qu'il y a un jeu à la strasbourgeoise ?


MD: C’est un jeu que la plupart des grandes équipes essayent de développer. Avec des ressorties de balles au sol, des pressings hauts et intenses à la perte, beaucoup de combinaisons et aussi beaucoup de courses pour les efforts et contre-efforts.


MA: Tu as de la concurrence à ton poste ? Une hiérarchie établie ?


MD: Oui, évidemment, j’en ai. Certains U19 s’entraînent avec la réserve la semaine mais le jour du match ne sont pas retenus avec le groupe. Ils descendent donc et à partir de là, oui, je pense qu’il y’a une certaine hiérarchie. En plus, je ne suis que première année en U19. A moi de faire bouger les choses et travailler beaucoup plus.


MA: Comment tu le vis ça ?


MD: J’essaye d’en apprendre le plus possible pour ma progression et quand j'ai ma chance je donne tout pour la saisir. Je donne le maximum pour m’imposer.


MA: Tu as eu des contacts avec la réserve ?


MD: La plupart du temps, ça tourne. Quand il y’a des absents, on fait appel aux joueurs en U19. J’ai eu quelques séances en réserve mais pas encore de match.


MA: Tu sens une grosse différence de niveau avec la réserve ? Plus dur pour un attaquant ?


MD: Oui je trouve que c'est plus dur pour un attaquant. C’est sûr qu’il y’a beaucoup plus de maturité dans ce groupe et des contacts plus rudes dans le jeu. La qualité technique est plus élevée aussi.


MA: Beaucoup de jeunes arrivent en centre jusqu’aux U19, le passage avec la réserve est le plus dur selon toi ?


MD: Plus on monte en catégorie et plus le niveau est élevé, c'est logique. La réserve est l’équipe juste en dessous de l’équipe professionnelle, forcément c’est du très haut niveau. Je ne sais pas si ce passage là est le plus dur, mais je pense que c’est une étape essentielle dans la formation et la préparation au monde professionnel, même si bien sûr l’objectif principal est de passer pro.


MA: Tu penses que c’est une barrière ? Que ceux dont le chemin s’arrête là, ce sera plus dur pour eux d’être pro ?


MD: Non, il y’a ceux qui connaissent leurs limites et changent de voie ou abandonnent, puis ceux qui ont la volonté de s'accrocher. Je pense que c’est important de croire en ces rêves, et que les échecs doivent forger le mental. Échouer à ce niveau là n’est pas une barrière, il faut travailler encore et encore. On en voit de plus en plus qui arrivent dans le monde professionnel tardivement. Cela démontre qu’il faut y croire.


MA: Et toi dans tout ça ? Tu te vois où ? Tu t'en sens capable au RCSA ?


MD: Je suis de ceux qui pensent que quand on veut, on peut. Je crois en mes rêves et je ferai tout pour les voir réalisés. Je donne mon maximum pour me donner cette chance au RCSA.


Entretien réalisé par chat le 3 février 2021

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