Romain Grange (Châteauroux) : "J’ai envie de dénicher les pépites de demain"


Romain Grange le jour de la reprise de l'entraînement - Crédit photo : La Berrichonne de Châteauroux

De retour dans son club formateur après avoir foulé toutes les pelouses de France, Romain Grange est l'un des joueurs les plus techniques de Ligue 2. Surnommé "Becks" dans la plupart des vestiaires qu'il a connu, en référence à son idole David Beckham, l'atout charme de La Berri cette saison aimerait un jour embrasser la carrière de recruteur. Un footballeur avec la tête sur les épaules et un oeil qui apprécie la qualité footballistique. Entretien.


Matias Arraez : Romain, tu attaques ta douzième saison en tant que footballeur professionnel, quand tu regardes dans le rétroviseur, à quoi penses-tu ?


Romain Grange : Je constate qu’une carrière passe tellement vite, il faut se l’avouer il me reste de belles années encore mais je suis plus près de la fin que du début de carrière.


MA : Est-ce qu'un footballeur professionnel peut avoir des regrets ?


RG : Oui, bien sûr. Ne pas avoir fait les bons choix aux bons moments, mais malgré tout, il ne faut rien regretter. L'erreur fait avancer et grandir.


MA : Tu as 32 ans, et pourtant, tu vis l'une de tes périodes d'efficacité les plus importantes depuis ton retour dans ton club formateur de Châteauroux, quel est le secret de ta jouvence ?


RG : Je pense avoir atteint une maturité dans mon jeu. Mon expérience et mon parcours en sont les fruits. Mais sans mes coéquipiers au quotidien, je n’en serai pas là.





MA : Ton poste, milieu offensif, pourrait te permettre de jouer encore quelques saisons au haut niveau, est-ce dans tes objectifs ?


RG : Bien sûr. J’espère jouer le plus longtemps possible, j’ai toujours la même envie qu’à mes débuts.


MA : Cette saison, l'effectif de la Berrichonne est un condensé d'expérience et de jeunesse, ces jeunes d'ailleurs – beaucoup sont formés au club-, quel regard portes-tu sur eux ?


RG : En effet, nous avons de jeunes joueurs du cru qui ont un fort potentiel. On le constate avec Léo (Leroy), Ilyas (Chouaref), Hassan (Haissam), (Wilfried) Bedfian, (Baptiste) Canelhas. Malgré leur jeune âge ils possèdent tous déjà une expérience avec les Pros. J’espère pouvoir leur apporter toute mon expérience, et j’ai hâte de les voir évoluer au plus haut niveau.


MA : Tu es toi même un pur produit du centre de formation de La Berrichonne, qu'est-ce qui a changé depuis tes années au centre ?


RG : Quand je vois l’évolution du football comparé à mes débuts, j’ai la sensation qu’on laisse plus facilement les jeunes s’exprimer. De ce fait, ils acquièrent de la confiance plus rapidement.


Le foot n'a pas changé


MA : Tu as connu la Ligue 1, la Ligue 2, l'étranger, le foot a changé ?


RG : Le foot n’a pas forcément changé mais l’aspect financier a pris une autre dimension. Quand tu vois certain joueurs qui n’ont aucune expérience et qui sont vendus des millions d’euros tu te dis qu’il y’a dix ans en arrière il fallait prouver pour pouvoir atteindre cet objectif.


MA : On sait que chaque année beaucoup de jeunes repartent déçus des centres de formations, ne passent pas pros, quel est l'état d'esprit, les habitudes à prendre, pour réussir dans ce milieu ?


RG : Il ne faut rien lâcher et toujours croire en soit. Pour ma part , lorsque j’étais au centre de formation tout n’a pas toujours été facile. Du fait de ma petite taille, j’ai dû me battre et travailler encore plus que les autres afin de prouver que j’avais ma place dans le monde professionnel. Pour les jeunes déçus, il faut persévérer, le foot va tellement vite qu’un échec peut parfois servir de tremplin.


MA : Dans un futur à moyen, voire long termes, tu nous avais confié que la carrière de recruteur serait une option pour toi. Quelles qualités footballistiques sont primordiales pour toi chez un jeune qui prétend devenir footballeur en 2020 ? Sur quoi t'attarderas-tu ?


RG : Effectivement c’est un de mes projets, j’ai envie de dénicher les pépites de demain. Je vais avoir tendance à me pencher sur des joueurs qui feront briller les autres. Pour de jeunes joueurs qui prétendent devenir pro en 2020 ce qui est primordial c’est l’intelligence de jeu, la compréhension du football. En gros : compréhension tactique, donner les ballons au bon moment. Pour moi c’est ce qui fait la différence. J’ai connu des joueurs qui malgré leur qualités n’ont pas pu atteindre le haut niveau à cause de ça. Malgré tout, les qualités ne font pas tout, c'est 30%. Le reste c’est le travail et la persévérance.


Interview réalisée le 17 septembre 2020

L'AUTEUR
LIENS UTILES
Par tags
Pas encore de mots-clés.
Nous suivre
  • Facebook Basic Black
  • Twitter Basic Black
  • Google+ Basic Black