Samuel Genty (Stade Brestois 29) : « Progresser un peu tous les jours »


Genty avec les pros face à Lorient - Crédit Photo : DR

Serial buteur en 17 et 19 Nationaux, Samuel Genty réussit son pari de se faire une place dans la cour des grands. Passé par le Pôle Espoir de Châteauroux en provenance de Saran dans le Loiret, « Sam » est aujourd'hui une valeur d'avenir pour son club, le Stade Brestois 29. A 18 ans et avec une tête bien faite, ce « beau bébé », comme il le dit lui même, rêve de marcher dans les pas de ses aînés : Gaëtan Charbonnier, Frank Honorat et consorts. Entretien.


Matias Arraez : Salut Sam ! Comment ça va tout d'abord ?

Samuel Genty : Tout va pour le mieux, merci !


MA : Comment tu gères ton corps ? Tu as déjà connu quelques blessures par le passé...

SG : Mon premier objectif cette année, c'est de ne pas me blesser. J'ai tendance à me faire des petites blessures tous les ans. Je veux laisser tout ça derrière moi et réussir à enchainer.


MA : Tu as excellé au niveau National en 17 et 19 en marquant beaucoup de buts, on évoquait avec Thomas Berlette, coach en 17 nationaux, que le gap est énorme entre ces catégories déjà, mais aussi avec les « adultes », comment tu as franchi les étapes ?

SG : J'ai travaillé. Je m’entraînais avec les bonnes personnes. Avec des personnes qui m'entouraient et qui me rendaient meilleur. J'ai toujours voulu aller voir plus haut. Quand j'étais en 17, j'essayais d'être bon pour m’entraîner les 19. Quand j'étais en 19, je voulais aller avec la réserve. Et maintenant, je me bats pour être avec les pros.


MA : Dans ta formation, tu as connu d'autres postes, au milieu notamment, ça t'aide aujourd'hui de connaître cette palette ?

SG : Je pense que c'est plutôt mon passage en défense qui m'aide aujourd'hui. J'arrive à savoir ce que pensent les défenseurs, à anticiper les mouvements. Être au milieu m'a aidé aussi pour trouver mes coéquipiers, réussir à combiner avec eux. Mais en tant qu'attaquant, c'est surtout mon passé de défenseur au Pôle Espoir de Châteauroux qui m'apporte aujourd'hui.


MA : Jusqu'en jeunes, tu es généralement avec des gens de ton âge, aujourd'hui il y a de la différence, à 18 ans tu dois être dans les plus jeunes, comment tu gères ça ?

SG : Je ne me pose pas de question pour l'âge. En face de moi, les joueurs sont comme moi. Si ils sont là c'est qu'on a le même niveau, ou du moins similaire. Je n'ai pas volé ma place. Physiquement c'est certain qu'il y en a des plus costauds et plus endurants que moi, mais d'autres le sont moins aussi. Alors j'essaye de jouer de mes autres qualités. Après, pour un jeune de 18 ans, j'ai un plutôt bon physique. Je fais 1m76 pour 80kg. Un beau bébé comme on dit (Rires).


MA : Quelle est la différence entre être attaquant chez les jeunes et en senior ?

SG : En tant qu'attaquant chez les jeunes, il y a plus de chances de se créer des occasions. Soit ses propres occasions de zéro, soit de se défaire du marquage. Chez les jeunes, les défenseurs sont moins malins, pour nous suivre, nous les attaquants, sur nos positions de hors jeu, nos appels, nos déplacements. Chez les adultes, c'est beaucoup plus compliqué de marquer des buts et d'avoir des bonnes statistiques.


MA : Comment tu vois ton rôle d'attaquant ? Tu participes au jeu ?

SG : J'aime beaucoup participer dans le jeu. Notre système à deux attaquants me le permet. Je redescends, je touche des ballons. Mais attention, j'aime aussi beaucoup être dans la zone du tueur. Mon objectif à moi, c'est de marquer des buts. Sur les tâches défensives, j'ai aussi beaucoup progressé depuis mon arrivée à Brest. J'aime bien emmener le gardien sur son mauvais pied quand il va relancer. Le gêner. Les attaquants sont les premiers défenseurs comme on dit.


MA : Tu es arrivé « sur le tard » (à 16 ans) dans une structure pro, avec le recul qu'est-ce que ça t'a apporté ces deux-trois ans au Stade Brestois ? Au début l'éloignement avec ta famille n'était pas simple...

SG : Les trois premiers mois c'était compliqué c'est vrai. J'ai mûri en tant qu'humain depuis. Ca m'a beaucoup aidé en tant qu'homme et en tant que footballeur. En s’entraînant tous les jours, on progresse forcément. J'essaye d'être dans l'idée de progresser un peu tous les jours, d'avancer. Sans une structure pro, je n'en serais pas là. Je n'aurais pas progressé de la même manière. L'exigence des coaches, des joueurs, de l'entourage, de la concurrence, te pousse à être meilleur. Sur ça, je remarque que j'ai mûri. Sans mon passage par le Pôle de Châteauroux, je n'aurais pas tenu. Ça m'a aidé à m'habituer à l'exigence. Ça a été une étape intermédiaire entre Saran et Brest.


MA : Cette saison tu t'entraînes parfois avec les pros, raconte nous ton adaptation, c'est encore un niveau au dessus.

SG : L'intégration fait un peu tout. Si tu es bien intégré, tu joues ton football, tu t'enlèves une pression énorme. Le coach sait pourquoi on est là. Concernant le foot, tout augmente un peu: la vitesse, le physique et l'endurance. Après ma première séance dans le jeu, je me suis dit: « Ouf... Il y a des choses à travailler mais je peux y arriver. »


Ici, l'été dernier, en match de préparation face au Stade Briochin - Crédit photo : DR


MA : Gaëtan Charbonnier, Irvin Cardona, Frank Honorat, tu apprends d'eux ?

SG : Charbo, on est obligés... Meilleur buteur de Ligue 2, on apprend forcément de lui. Honorat vient de Saint Etienne, un très grand club. Il arrive dans un club ambitieux aussi. Ce sont des grands joueurs. J'ai hâte de découvrir Steve Mounié, aussi. Il est grand, puissant, rapide. J'essaye de prendre un peu de tous et de faire un mix. Je me sens proche de Frank Honorat, mais il joue sur un côté. Pour moi, un joueur avec qui j'ai des caractéristiques similaires, c'est Andy Delort, c'est un modèle. On se connaît un peu. On échange, il est très sympa.


MA : Un petit mot sur le but de Cardona justement, ton œil d'attaquant ?

SG : Son déplacement déjà. Il est intelligent. Le défenseur va au point de penalty. Lui, prend l'information, il recule au second poteau. Double extension, reprise, coup de pied. Geste parfait. C'est une pure inspiration. L'instinct du buteur, la spontanéité qui le caractérise. Irvin, c'est un finisseur. Il est très spontané. Ce n'est pas le genre de geste auquel il réfléchit à l'avance. C'est sur l'instant.


MA : Une dernière question : Ta première en Ligue 1, c'est pour quand ?

SG : En étant réaliste, cette année c'est faisable. Le coach m'a dit que même sans contrat pro, c'est possible. Il faut que je continue à travailler, que je fasse de bonnes performances avec la réserve. Au moins d'être sur la feuille de match, le banc, ce serait super. Si c'est pas cette année, ce sera l'année prochaine sans doutes.


Entretien réalisé par téléphone le 27/09/2020


EN BONUS, NOTRE ENTRETIEN SONORE RÉALISÉ EN 2018




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